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19/04/2019 - 16:18

3IA - Institut interdisciplinaire d’Intelligence Artificielle

3IA - Institut interdisciplinaire d’Intelligence Artificielle

Le projet toulousain d'institut interdisciplinaire en intelligence artificielle ANITI - Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute - a été déposé mardi 19 février 2019 auprès de l'Agence nationale de la recherche. Les auditions avec le jury international ont eu lieu le jeudi 11 avril 2019. Au cours de cette audition ont été présentés les différents programmes et ambitions du projet ANITI. L'enjeu : l'obtention de la labélisation de l'institut interdisciplinaire en IA par le jury de l'Agence nationale de la recherche. 


Porté par l’Université Fédérale Toulouse Midi - Pyrénées (UFTMP), le projet ANITI a été construit conjointement avec des établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche de l’UFTMP, l’IRT (Institut de recherche technologique) Saint Exupéry et des partenaires industriels particulièrement impliqués*. Les synergies seront ainsi favorisées pour la recherche, la formation mais également pour le développement et le transfert de technologies.

ANITI a pour ambition de faire de la France un des leaders mondiaux dans le domaine de l'IA, en développant une nouvelle génération d'intelligence artificielle dite hybride.  L'IA hybride permettra de meilleures garanties en termes de fiabilité et de capacité d'explication et d'interprétation des résultats des algorithmes utilisés, tout en veillant à l'acceptabilité sociale et la viabilité économique. 

ANITI rassemblera plus de 200 chercheurs issus des universités, des écoles d'ingénieurs et organismes de recherche scientifique et technologique du site toulousain, d'universités étrangères ainsi que des ingénieurs mis à disposition par les partenaires industriels du projet. Conjointement, ils relèveront les défis de la science fondamentale, technologique et appliquée relatifs à des enjeux sociétaux majeurs liés à quatre secteurs d'application principaux : le transport et la mobilité, l'environnement, la santé et la robotique/cobotique pour l'industrie du futur. 

Le projet de recherche de l'institut est structuré autour de sept programmes intégratifs (IP) visant à développer des solutions innovantes pour relever les enjeux soulevés par un ou plusieurs secteurs d'application, grâce notamment à des avancées théoriques dans un ou plusieurs domaines fondamentaux de l'IA. Les sujets exploreront des solutions permettant potentiellement d'obtenir différentes propriétés que l'on cherche à satisfaire telles que la robustesse, la fiabilité, l'explicabilité des phénomènes modélisés ou du comportement du système ou encore le respect de contraintes normatives. D'autres critères sont également importants et concernent notamment le besoin de réduire l'effort d'apprentissage ou d'optimiser les performances des solutions proposées. 

Les programmes intégratifs traitent de sujets divers : dans le programme intégratif 2 (IP2), les recherches porteront sur les différentes facettes du problème de l'acceptabilité sociale, économique, juridique et éthique de systèmes intégrant des algorithmes d'intelligence artificielle. L'IP3 vise, quant à lui, à développer de nouvelles méthodes, modèles et outils basés sur l'IA hybride pour concevoir et valider des systèmes autonomes critiques utilisés, par exemple, dans le domaine de l'aéronautique. Ces derniers nécessitent des garanties fortes de la part d'autorités de certification. L'IP6 contribuera au développement d'une société plus durable  et d'une gestion optimisée des ressources en eau en s'appuyant sur les compétences du site toulousain dans le domaine de l'observation et de la prévision de l'état de l'environnement (télédétection, observation de la terre, de l'atmosphère et des océans, biodiversité etc.) et de la disponibilité de grandes masses de données.

D'autres sujets seront développés tels que des assistants virtuels ou des robots dotés de capacités avancées d’interaction pour l’augmentation des capacités humaines, ou bien de nouvelles technologies pour une médecine préventive, prédictive, personnalisée et participative permettant de réduire les durées des hospitalisations et d’améliorer la qualité des soins.

Listes des IP : 
> IP1 : Fair representative date for artificial intelligence 
> IP2 : Acceptable artificial intelligence
> IP3 : Certifiable artificial intelligence toward autonomous critical systems
> IP4 : Artificial intelligence assistants
> IP5 : Artificial intelligence for advanced robots
> IP6 : Artificial intelligence for sustainability
> IP7 : Artificial intelligence for system design
Consultez les descriptifs des IP (UK)

La mise en oeuvre de ces programmes s'appuiera sur 33 chaires dont huit internationales, certaines étant issues du MIT et de Brown University aux États-Unis ou encore de l'Université de Tel-Aviv. Ces chaires, qui ont été soumises à l'évaluation du jury, bénéficient d'un soutien important de partenaires industriels et favoriseront les collaborations internationales et la mobilité de compétences spécifiques nécessaires pour répondre aux enjeux développés dans le projet 3IA.
> Consultez les descriptifs des chaires (UK)

ANITI répondra également aux défis de la formation avec comme objectif de doubler le nombre de diplômés en intelligence artificielle, de développer fortement l'alternance et de créer une offre de formation tout au long de la vie adaptée aux besoins de qualification des salariés en fonction du profil industriel (grand donneur d'ordre, société du numérique, entreprises qui utilisent l'IA...).
Dès le lycée, une sensibilisation aux métiers du numérique et de l'intelligence artificielle sera mise en place, en particulier auprès des filles. Des modules IA seront ajoutés aux parcours de BTS, DUT et licences professionnelles. De nouvelles formations IA avancée, hybride ou encore intégrative seront proposées au niveau BAC+5. ANITI développera une graduate school avec la contribution des titulaires de chaires, et favorisant des mobilités à l'étranger et des échanges avec le monde industriel. Elle constituera aussi un vecteur d’attractivité essentiel pour le rayonnement international de l’institut. ANITI développera également un programme de diffusion de la culture scientifique sur les défis sociétaux dont l'IA est porteuse.

ANITI a enfin pour but de contribuer par la science et la recherche collaborative au développement économique. Pour ce faire, ANITI développera des interactions entre les acteurs de l'écosystème d'innovation et de transfert technologique pour promouvoir les résultats issus des projets de recherche et permettre l'étude des opportunités d'exploitation et de valorisation de ces résultats. Le projet souhaite impulser la création d'une centaine de Start-ups par des étudiants-entrepreneurs, des industriels et des académiques d'ici 2023. 

Enfin, ANITI consacrera également des ressources au transfert de résultats des programmes intégratifs vers les partenaires industriels, particulièrement les PME en collaborant avec les pôles de compétitivité (Aerospace Valley, Agri Sud-Ouest, Eurobiomed...).


À propos de Toulouse :
Un potentiel unique de recherche et de dynamisme économique, particulièrement en IA :

  • 2e plus grande concentration de chercheurs de France avec 6800 chercheurs dans le public ;
  • présence du Centre national d'études spatiales (CNES), de Météo France, de l’Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA), des principaux organismes de recherche :
    • le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 
    • l'Institut national de la recherche agronomique (Inra),
    • l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 
    • l'Institut de recherche pour le développement (IRD), 
  • présente de grandes plateformes informatiques et d'une expertise forte en calcul haute performance (HPC, high performance comptine) ; 
  • 100 000 emplois dans l’aérospatial/nautique  avec les plus grandes entreprises européennes : Airbus, Thales, Safran, Liebherr etc. ;
  • de grands employeurs dans les transports (Continental, Renault ... ), la santé (Pierre Fabre...), l’agro-industrie (1er employeur en Occitanie) ;
  • un potentiel dans le domaine de l’Internet des objets et des applications de l’intelligence artificielle ;
  • 2e plus grand créateur de start-ups de France (INSEE 2018).