À l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée chaque année le 11 février, la Communauté d’universités et établissements de Toulouse réaffirme son engagement en faveur de l’égalité dans les sciences et la recherche. Promotion des vocations, accompagnement des parcours et valorisation des rôles modèles : autant d’actions qui témoignent d’une mobilisation collective et durable.
Instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette journée vise à rappeler l’importance d’un accès équitable des femmes et des filles aux carrières scientifiques. Pourtant, les inégalités persistent : selon l’Institut de statistique de l’UNESCO, les femmes représentent encore moins d’un tiers des chercheur·es à l’échelle mondiale. Face à ce constat, la Communauté d'universités et établissements de Toulouse place l’inclusion, la mixité et la diversité au cœur de sa stratégie académique et scientifique.
À cette occasion, découvrez 4 femmes de science qui œuvrent pour la science au cœur des projets portés par La Communauté d'universités et établissements de Toulouse. Elle nous parlent de leur parcours, de leurs choix de carrière et de leur rôle au sein de la communauté scientifique, en répondant à ces 3 questions :
1- Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous orienter vers des études / une carrière scientifique et quelles on été les étapes importantes / marquantes de votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?
2- Que pensez-vous apporter aujourd'hui, ou dans le futur à votre domaine d'étude / votre métier / la communauté scientifique ou plus largement à la société ?
3 - Quel conseil donneriez-vous aux jeunes filles (collégiennes, lycéennes) qui hésitent à s'orienter vers des études/un parcours scientifique ?
Éléa Bratzler
Étudiante en deuxième année de Master Recherche en Histoire Contemporaine – Sciences Humaines et Sociales à l’Université Toulouse - Jean Jaurès

1- Mon intérêt pour les sciences est né du désir de comprendre le passé pour agir dans le présent et construire le futur. Issue d’un bac littéraire, je me suis orientée vers l’anthropologie puis l’histoire, avant d’enrichir mon parcours vers le spatial grâce à mon engagement au sein d’UNIVERSEH. Chaque étape m’a permis de mieux me connaître et d’élargir ma façon de penser.
2-À travers les humanités spatiales, je souhaiterais faire dialoguer les disciplines, pour mieux comprendre notre planète et l’espace. En reliant connaissances scientifiques et regards humains, j’espère pouvoir contribuer à un avenir spatial utile aux sociétés et respectueux de toute forme de vie.
3-Je leur conseillerais de faire confiance à leur curiosité et à leur regard singulier, même lorsqu’ils ne correspondent pas aux modèles attendus. Il n’existe pas une seule manière de faire des sciences. Chaque parcours est unique et peut changer notre façon de voir le monde !
Chloé Braud, chargée de Recherche CNRS

1-J’ai décidé que je voulais faire de la recherche très jeune, grâce à des expositions, des lectures : je voulais participer à l’effort commun pour mieux comprendre le monde. Restait à trouver le sujet : j’ai rencontré de bons profs et découvert le Traitement Automatique des Langues. La thèse a été une expérience passionnante, mon postdoc au Danemark très stimulant, je suis ensuite rentrée au CNRS.
2-Je suis attachée à l’aspect humain du domaine. J’essaye de promouvoir une vision inclusive avec des modèles moins coûteux, moins biaisés, couvrant plus de langues et domaines, et une visée linguistique, pour mieux comprendre le langage. La formation d’étudiants sur ces sujets est pour moi cruciale.
3-Il faut y aller ! Nous avons besoin de diversité à tous les niveaux, dans les équipes de recherche et ailleurs, afin de trouver de nouvelles idées et de développer des solutions qui prennent en compte cette diversité. N’hésitez pas à contacter des chercheur.euses pour des rencontres ou des conseils.
Victoria Da Poian
Data scientist et Ingénieure software au NASA Goddard Space Flight Center

1-Très tôt attirée par l’exploration de notre univers, j’ai choisi les sciences qui allient rigueur et curiosité. Parcours marque par mon arrivée à l’ISAE SUPAERO, mon stage à l’ESA où je redécouvre l’informatique grâce à un super mentor, les lancements d’Ariane 5 pendant mon stage au CNES, et mon arrivée à la NASA où j’ai le privilège de travailler avec des personnes passionnées et passionnantes.
2-Aujourd’hui, j’apporte une approche interdisciplinaire alliant sciences planétaires, informatique et intelligence artificielle. Je développe des méthodes et outils pour l’analyse de données spatiales complexes, et contribue à la formation des jeunes et au partage de la science au plus grand nombre.
3-Travaillez, il n’y a rien sans travail. Soyez curieux. Persévérez. Croyez en vos rêves. Donnez-vous les moyens. Sortez de votre zone de confort c’est là que vous apprendrez le plus. Relevez-vous des échecs. Entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut, qui vous poussent à vous dépasser !
Adeline Attard
Cheffe du département GMP de l’IUT de Toulouse Et enseignante de Conception et Fabrication mécanique

1- J’étais déçue au collège/lycée de mes résultats moyens en français alors que j’adore lire. Mais j’ai un esprit plutôt rationnel et logique. C’est donc encouragée par mes bons résultats scolaires en maths et physiques que je me suis orientée vers les sciences. J’ai été refusée en CPGE de Maths-Physiques donc je me suis rabattue sur celle de Physiques-Technologie sans regretter ce chemin pris par hasard.
2-Nous sommes seulement 10% de femmes sur mon lieu de travail dans mon domaine. Je pense apporter une touche féminine pour un relatif équilibre dans le travail en équipe. Et j’espère être une source d’inspiration en montrant qu’une femme a toute sa place dans ce domaine à dominante masculine et qu’elle peut s’y épanouir pleinement.
3-De ne pas avoir peur des quelques difficultés qu’elles vont rencontrer à cause d’une minorité d’idiots. Qu’un milieu à dominante masculine a vraiment des aspects positifs. Et de ne pas hésiter à exprimer ses limites personnelles pour ne jamais « subir » ; il faut du temps pour effacer des années de patriarcat mais il y a souvent davantage de maladresse que de malveillance.
Des initiatives concrètes pour soutenir les femmes et les filles dans les sciences
Afin de lutter contre les stéréotypes et de favoriser l’égalité des chances, la Communauté d’universités et établissements de Toulouse pilote et soutient plusieurs projets structurants. Focus sur quelques dispositifs emblématiques :
- ANITI - Mentor’IA, accompagner les femmes vers les métiers de l’IA
Dans le domaine de l’intelligence artificielle, les inégalités de genre restent importantes, depuis la formation jusqu’à l’insertion professionnelle. Pour y répondre, ANITI, à travers sa commission mixité, a lancé en 2021 le programme Mentor’IA, un dispositif de mentorat destiné aux étudiantes, doctorantes et post-doctorantes en IA. Ce programme propose un accompagnement personnalisé par des professionnel·les issus des mondes académiques et industriel. Mentor’IA vise à renforcer la confiance en soi, à lutter contre les stéréotypes et l’autocensure, et à faciliter l’orientation et l’accès aux carrières de l’IA. En favorisant la création de réseaux et le partage d’expériences, ANITI contribue à construire une intelligence artificielle plus éthique, inclusive et représentative. - UNIVERSEH, encourager les femmes dans les carrières spatiales
UNIVERSEH, est une alliance d’universités européennes financée par le programme ERASMUS+, qui ambitionne de bâtir une “université européenne” tournée vers le secteur spatial. Parmi ses quatre axes stratégiques, un pilier majeur est de favoriser l’inclusion et la mixité, en particulier la participation des femmes dans un domaine encore largement masculin et perçu comme élitiste. Le projet vise à rendre le secteur spatial accessible à toutes, à valoriser les talents féminins et à offrir aux étudiantes et chercheuses des opportunités de mobilité, de formation interdisciplinaire et de collaboration avec les acteurs de l’industrie spatiale. - COMETES : sensibiliser les collégiennes aux métiers du spatial
Dans le cadre du Parcours Campus au Féminin, COMETES met en place des actions de sensibilisation des collégiennes aux métiers du spatial. Ces rencontres permettent de créer un lien privilégié entre collégiennes, étudiantes et femmes scientifiques et techniques, de mobiliser les équipes pédagogiques autour des enjeux de genre et d’orientation, et de sensibiliser les jeunes filles aux métiers scientifiques, tout en luttant contre les stéréotypes associés à ces filières. - Pad’Occ : un escape game pour découvrir l’industrie du futur au féminin dès le plus jeune âge
En partenariat avec la MFJA, l’INSA, Airbus et l’association Elles bougent, la plateforme Pad’Occ développe un escape game pédagogique à destination des plus jeunes. Ce dispositif innovant et immersif, créé par deux étudiantes de génie mécanique et productique, vise à faire découvrir les sciences, les technologies, métiers et procédés industriels de manière ludique, en lien avec les enjeux d’innovation, de transition et d’adaptation des entreprises. En mobilisant des situations concrètes et collaboratives, cet escape game contribuera à déconstruire les stéréotypes de genre, à renforcer la confiance en soi et à encourager les jeunes filles à se projeter dans les métiers scientifiques et technologiques de demain en immersion dans divers ateliers 4.0. -
Le dispositif partenaires scientifiques pour la classe : accompagnement en science et technologie à l'école primaire
Rapprocher les sciences des plus jeunes : chaque année, des élèves de primaire bénéficient du programme ASTEP (Accompagnement en Science et Technologie à l’École Primaire), qui vise à rendre la science et la technologie motivantes et accessibles dès le plus jeune âge. Des scientifiques (étudiants, chercheurs, ingénieurs ou professionnels) interviennent en classe pour co-animer des séances interactives avec les enseignants. Pendant 5 à 10 demi-journées, les élèves observent, manipulent et formulent leurs propres hypothèses, suivant le processus scientifique. Ce dispositif permet aux élèves de développer curiosité et esprit critique, aux scientifiques de découvrir l’univers pédagogique, et aux enseignants d’expérimenter des méthodes actives et innovantes.
Rééquilibrer la représentation des femmes scientifiques dans l’espace public
Conscients de l'importance des rôles modèles, qui permettent à la fois aux filles de se projeter plus facilement dans les carrières scientifiques et une prise de conscience - par les filles comme par les garçons - des stéréotypes, les établissements et organismes de recherche de la Communauté d'universités et établissements de Toulouse accompagnent les chercheur·es dans la transmission et le partage de leurs connaissances. De multiples actions de culture scientifique et des formations pour l'ensemble des acteurs de la recherche sont ainsi proposées à la communauté scientifique.
- La Nuit européenne des chercheur·e·s à Toulouse et Albi
- Les rencontres Exploreur
- Ma thèse en 180 secondes : une attention particulière est portée au respect de la parité dans la sélection des candidats en finale régionale mais également dans le jury.
- ANITI : ANITI mène de nombreuses actions pour lutter contre les stéréotypes de genre et contribuer à plus de mixité en IA : événements, actions de sensibilisation et de soutien, mise en réseau, temps d’échanges dédiés aux femmes scientifiques impliquées en IA, que ce soit dans le monde académique ou en entreprise.
Ces initiatives sont quelques-unes parmi les nombreux engagements du site universitaire toulousain en faveur de l’égalité des genres dans les sciences. Cet engagement s’intensifie chaque année à travers de nouveaux projets et actions visant à inspirer de jeunes générations de femmes et de filles et les inciter à se lancer dans des carrières scientifiques, pour une science et un monde plus inclusifs
Pour aller plus loin : consultez le communiqué de presse