Témoignages Regards Croisés

Découvrez les témoignages des doctorants en formation complémentaire et des intervenants aux ateliers "Regards Croisés" 2011-2012 sur le thème de "L'exception et la règle". Ces ateliers, proposés par le Collège Doctoral et l'Institut Universitaire de France, sont ouverts aux doctorants inscrits dans un établissement membre de l'Université de Toulouse.

Les doctorants

 

Durant les ateliers "regards croisés" j'ai pu écouter et échanger avec d'autres doctorants sur des sujets aussi divers que la linguistique ou l'astrophysique. Chaque intervention était de qualité et leur intérêt autant scientifique qu'intellectuel. L'état d'esprit de ces interventions rend l'échange fructueux et incite à l'ouverture d'esprit. Des initiatives de ce genre sont un atout pour la formation doctorale et je suis très heureux d'avoir pu y participer.

Arnaud Dieumegard (1A - EDMITT, Labo IRIT, établissement INPT)

 

Les ateliers que vous proposez répondent parfaitement aux promesses du titre : ils se situent réellement à la croisée des regards. Exceptions et règles sont présentées au travers de différentes disciplines, ce qui permet une réflexion approfondie des plus intéressantes. Pour aussi experts qu'ils soient, les intervenants des divers horizons parviennent avec succès à relever le défi d'intéresser un auditoire d'origines variées, si j'en crois mon propre ressenti. Ces regards croisés sont un vrai luxe, trop rare, pour qui souhaite nourrir sa réflexion au delà de sa spécialité. Exemple beau et indispensable d'interdisciplinarité.

Manuel Pérez (3A – CLESCO, Laboratoire CLLE, établissement UT2)

 

En tant qu'étudiante en première année de doctorat, j'avais choisi d'assister au troisième atelier des Regards Croisés pour son contenu sur l'exception et la règle, aspect que je vais développer pour mon sujet de thèse (Les intendants de l'Amérique espagnole). Je pensais que les interventions d'un physicien et d'un professeur de littérature ne me seraient d'aucune utilité, j'appréhendais aussi mon manque de connaissances dans ces domaines, surtout en physique. Je ne parlerai pas ici de l'intervention de Michel Bertrand, et pour cause, il est mon directeur de recherche. Pour en revenir à l'intervention de Philippe Quentin, physicien, j'ai été littéralement sous le charme de ses propos car il a su rendre son discours très abordable pour une non-initiée comme moi, et finalement, nous sommes parvenus, quel que soit le domaine de recherche, aux mêmes conclusions et je reprends textuellement ses propos : le caractère hypothétique ouvre le champ à l'exception. En littérature, Olivier Guerrier a également mis l'accent sur l'écart et la norme en se référant par exemple aux membres de l'OuLiPo. Pour résumer, la physique est éloignée de la littérature et de l'histoire, la littérature ce n'est pas de l'histoire non plus, mais en tant que chercheurs, que ce soit en physique, en littérature ou en histoire, nous nous heurtons aux mêmes problématiques.

Marie-Pierre Lacoste (EDTESC, laboratoire FRAMESPA, établissement UT2)

Les intervenants (membres de l'Institut Universitaire de France)

 

Pour ce qui est des Ateliers IUF, le point essentiel pour moi est le fait que j'y ai retrouvé ce qui m'a toujours fasciné dans les Journées scientifiques de l'IUF, et qui en fait la force extraordinaire : un même thème traité par des personnes du meilleur niveau, provenant de mondes scientifiques très différents, dans lesquels les mots n'ont pas forcément la même signification, mais qui nous apportent un éclairage complètement différent du sujet, et nous amènent à des questionnements que nous n'aurions probablement jamais su formuler tout seuls, dans notre propre sphère d'activité. J'ai également été séduit par la qualité et l'intensité des débats suivant les exposés, ce qui reflète la dynamique impressionnante qui peut ressortir d'une telle confrontation de pensées.
 

Professeur Pierre Monsan (Directeur Toulouse White Biotechnology, Membre de l'Académie des Technologies, Président du CCRRDT Midi-Pyrénées)

 

J'ai d'abord été frappée, comme tous les collègues je suppose, par l'affluence des étudiants et, plus particulièrement, par le nombre d'étudiants inscrits dans une thèse de recherche appliquée. Je suppose que leur présence témoigne de leur besoin d'instruments conceptuels et théoriques, plus grand peut-être dans ce type de parcours que dans des parcours de recherche "pure". Il est possible aussi que ce type de recherches invite, plus que des recherches "fondamentales", à sortir d'un cadre disciplinaire unique. C'est en tout cas, à mon sens, une particularité du public qui mérite réflexion pour l'avenir.

Pour ce qui concerne le contenu, j'étais, je l'avoue, un peu sceptique au départ sur l'idée de réunir des spécialistes de sciences "dures" et de sciences humaines et sociales, le risque de ce type de rapprochement étant de donner lieu à des discours parallèles. Et les parallèles, comme on le sait, ne se rencontrent jamais.. Or, ce n'est pas du tout ce qui s'est produit. De fait, on commence après deux séances à voir émerger des convergences ou des divergences autour du couple de notions règle / exception très révélatrices de postures épistémologiques qui ne recoupent pas nécessairement, ce qui est évidemment très intéressant, l'opposition sciences "dures" et "molles". Cela montre que le thème était pertinent et que les participants ont joué le jeu de la réflexion épistémologique sur leur discipline.

 

(Marlène Albert-Llorca, Professeur émérite d'anthropologie sociale à l'Université de Toulouse II-Le Mirail)

 


Les ateliers doctoraux IUF de Toulouse ont lieu dans la salle du conseil de l'ENSEEIHT, lumineuse et dominante : moments de
synthèses et de questionnements offerts aux doctorants de tous horizons, comme un voyage dans le lycée d'Aristote ou dans les maisons de la sagesse du califat Abbasside à Bagdad.
Autour du thème de la règle et de l'exception chaque conférencier développe sa manière de traiter la complexité et son attention à
l'inattendu, possible indice d'un phénomène simplificateur.
On y apprend que la variété des structures du vivant provient de quelques clés enzymatiques ayant la propriété de se modifier. On y apprend comment l'aphasie a participé à l'étude du cerveau, comment l'alliance des équations de l'astrophysique, des programmes informatique et de la puissance des ordinateurs restitue les rencontres des galaxies sur un temps très long et la variété de leurs formes qui en découle. On y réalise que les anthropologues ou les historiens d'aujourd'hui travaillent avec un questionnement devenu très vaste et des protocoles très rigoureux, que sur les archives des "élites" de la ville de Puebla au Mexique entre 1780 et 1830 sont étudiés quelques nouveaux aspects du mécanisme qui maintient les comportements sociaux dans un contexte de changements majeurs des règles politiques.
Tous les exposés (physique fondamentale, théorie des jeux en économie, littérature, ...) ont provoqué l'étonnement et l'intérêt profond.


Benoît Chevallier (Université de Toulouse II-Le Mirail et Institut de Mathématiques de Toulouse)