Outils et ressources

Découvrez les outils et les ressources dont vous aurez besoin pour vous engager dans le processus de valorisation dès les premières étapes de votre projet de recherche !

La maîtrise de l'information scientifique

La pyramide de la valorisation (maitriser l'information)

 

Cahiers de laboratoire : Pour quoi faire?

Avant même d'envisager la valorisation de ses résultats et dès le lancement d'un nouveau projet de recherche, il est important de consigner dans un cahier de laboratoire l'avancée quotidienne de ses travaux.

 

Le cahier de laboratoire est un outil retraçant le processus inventif. Il peut se révéler être un excellent atout juridique pour prouver une antériorité voire être une très bonne base pour la rédaction d'un brevet...

Il permet principalement de :

  • garantir la traçabilité des résultats de recherche : identification de la date et de l'auteur des travaux ;
  • capitaliser le savoir-faire du laboratoire et faciliter la transmission ;
  • s'adapter aux exigences de la recherche internationale ;
  • professionnaliser les pratiques liées à la recherche ;
  • accompagner une démarche qualité.

Concrètement, c'est un cahier sur lequel le chercheur consigne ses travaux, au jour le jour. Chaque cahier possède un numéro unique. Y figurent également le nom de l'utilisateur, le nom du propriétaire et un espace en bas de chaque page (numérotée) pour dater et signer.

Où et comment se les procurer ?

Où ?

Vous pouvez en commander en contactant le 05.34.41.35.35

Les cahiers sont à récupérer au département Valorisation.

Prix

Pour les laboratoires de l'Université de Toulouse :

  • cahiers rigides à spirale : 3,30 € (200 pages) ;
  • cahiers rigides : 4,50 € (200 pages) ;
  • cahiers souples perforés : 2,80 € (112 pages).

Pour les entreprises de Midi-Pyrénées :

  • Cahiers rigides : 4,50 € (200 pages)

Déclarer son invention

Déclarer une invention

La déclaration d'invention est le déclencheur du processus de valorisation d'une invention.
Il s'agit d'un document permettant à un employé de déclarer son invention à son employeur via son service de valorisation. C'est une obligation prévue par le Code de la Propriété Intellectuelle (art R 611-2 CPI external link).

Téléchargez un modèle de déclaration d'invention : ModeleDeclarationInvention.doc

Le dossier de valorisation

Une fois la déclaration d'invention transmise à  l'employeur via le service valorisation de son établissement, celui-ci  prendra contact avec l'inventeur pour rédiger un dossier de valorisation.

Le dossier de valorisation est un document décrivant l'invention. Il constitue une base écrite permettant :

  • d'échafauder la stratégie de valorisation ;
  • de communiquer entre les éventuels copropriétaires d'une invention ;
  • de rémunérer les inventeurs ;
  • en outre, il constitue un élément important d'appréciation d'une demande de financement d'un projet de valorisation par le Département Valorisation.

Téléchargez le dossier de valorisation  et ses annexes : DossierValorisation.doc

Annexe 1 - Répartition des parts inventives : DossierValorisationAnnexe1.doc

Annexe 2 - Coordonnées des inventeurs : DossierValorisationAnnexe2.doc

Annexe 3 - Description détaillée de l'invention : DossierValorisationAnnexe3.doc

Annexe 4 - Étapes de maturation à franchir : DossierValorisationAnnexe4.doc

Quelle est la meilleure protection pour votre invention ? Du droit d'auteur au certificat d'obtention végétale, déchiffrez les principales solutions.

 

La protection par la propriété intellectuelle

La pyramide de la valorisation (se protéger)

Droit d'Auteur

Créations concernées 

Cette protection concerne les œuvres graphiques, dramatiques, photographiques, logiciels, œuvres littéraires, œuvres multimédias....
Les articles L112-2, -3 et -4 du CPI donnent une liste non limitative d'œuvres protégées.

Critères pour bénéficier de cette protection

L'œuvre doit être mise en forme car "les idées sont de libre parcours". Seule la matérialisation des idées, leur mise en forme, peut être protégée. Il n'est pas nécessaire que l'œuvre soit complètement achevée, il suffit qu'elle soit suffisamment concrétisée (ex : un logiciel inachevé peut obtenir la protection par le droit d'auteur).
L'œuvre doit être originale, dans le sens où elle doit porter l'empreinte de la personnalité de son auteur. Son apport créatif doit être perceptible. Ce caractère va résider dans les choix arbitraires et fantaisistes auxquels va procéder l'auteur dans la réalisation de l'œuvre. Il peut s'agir d'un simple ajout d'un traitement personnel (la traduction d'un roman, une adaptation audiovisuelle).
Il n'y a aucune condition de genre, de destination de l'œuvre (pas de but de l'œuvre à définir), de mérite (pas de considération morale pour obtenir la protection) ou de forme d'expression (article L112-1 du CPI).
Certaines créations sont exclues du champ d'application du droit d'auteur : les découvertes scientifiques, les informations brutes de presse, les actes officiels, les éléments de la nature (végétaux, chants d'oiseaux).

Fondement legislatif

La protection par le droit d'auteur concerne les droits moraux et les droits patrimoniaux.

Les droits moraux

Ce sont des droits ayant pour objet de protéger la personnalité de l'auteur exprimée au travers de son œuvre (article L121-1 du CPI).

Cela recouvre 4 droits :

  • droit de divulgation (article L121-2 du CPI) : l'auteur est le seul à décider du moment et des conditions dans lesquelles il communiquera l'œuvre au public ;
  • droit de paternité (article L121-1 al.1 du CPI) : l'auteur peut exiger l'apposition de son nom sur l'œuvre, ou par lequel il peut exiger de garder l'anonymat ;
  • droit au respect de l'œuvre (article L121-1 du CPI) : l'auteur peut s'opposer à toute dénaturation ou mutilation de l'œuvre ;
  • droit de retrait ou de repentir (article L121-4 du CPI) : l'auteur peut retirer son œuvre du commerce en faisant cesser l'exploitation, il peut également reprendre son œuvre pour la remanier.

Ces droits sont  perpétuels, inaliénables et imprescriptibles. Cela signifie que :

  • ils ne s'éteignent pas à la mort de l'auteur ou à l'expiration des droits pécuniaires ;
  • ils ne peuvent être cédés ;
  • l'auteur ne peut y renoncer.

Une partie de l'article L111-1 du CPI  traite spécifiquement le cas des universitaires et des chercheurs fonctionnaires.

Les droits patrimoniaux

Il s'agit du droit exclusif d'autoriser et/ou d'interdire toute exploitation de l'œuvre.
On parle de droit "patrimoniaux" car ces droits permettent à l'auteur d'obtenir une rémunération en contrepartie des utilisations faites de l'œuvre.

Ce terme recouvre :

  • le droit de reproduction (article L122-3 du CPI) : l'auteur gère la fixation matérielle de l'œuvre par tous procédés qui permettent de la communiquer au public de manière indirecte ;
  • le droit de représentation (article L122-2 du CPI) : l'auteur gère la communication de l'oeuvre au public par un procédé quelconque (communication directe ou indirecte).

Ces droits sont cessibles. C'est à dire que l'auteur peut céder ces droits à un tiers pour les exploiter. Ces droits sont attribués exclusivement à l'auteur jusqu'à 70 ans à compter de sa mort (article L123-1 du CPI). Passé ce délai, l'œuvre appartient au domaine public et peut être exploitée sans autorisation de la part de l'auteur.

Depuis la loi du 1er août 2006, en ce qui concerne les agents publics, ces droits leurs sont attribués dans des situations bien précises.

Formalités

Les œuvres sont protégées sans formalités administratives (article L111-1 du CPI), qu'elles soient créées par une ou plusieurs personnes. La protection ne coûte donc rien.

Cependant, il existe un dépôt légal :

Les documents imprimés, graphiques, photographiques, sonores, audiovisuels, multimédias, quel que soit leur procédé technique de production, d'édition ou de diffusion, font l'objet d'un dépôt obligatoire, dénommé dépôt légal, dès lors qu'ils sont mis à la disposition d'un public.
Article 1er de la loi du 20 juin 1992
Cette obligation n'a aucune incidence sur la naissance du droit d'auteur. Ce dépôt n'a été organisé que dans un but de conservation et d'archivage des documents. Il permet également de prouver la titularité des droits de l'auteur, ainsi que la date d'une création (preuve utile dans la défense de son droit par une action en contrefaçon).
Il s'effectue par un envoi à la Bibliothèque Nationale de France.

Un dépôt probatoire peut également s'avérer utile auprès d'une société d'auteurs (Société des gens de lettres), d'un organisme professionnel (Syndicat national des auteurs et des compositeurs, l'Agence pour la protection des programmes), ou de l'INPI (dépôt d'une enveloppe Soleau). Cela permettra de prouver que l'auteur avait bien créé telle œuvre à une date précise.

Textes légaux

Droit des Brevets

Critères pour bénéficier de cette protection

Pour être brevetée, une invention doit :

  1. Être nouvelle : il faut que, pour le problème technique qu'elle résout, aucune solution n'ait jusqu'alors été révélée au public (aucune divulgation préalable : attention aux publications). Cf. L611-11 CPI.
  2. Être le fruit d'une activité inventive : un professionnel de votre spécialité ne doit pas avoir pu la mettre en œuvre facilement aux vues de ce qui existait déjà. Cf. L611-14 CPI.
  3. Pouvoir faire l'objet d'une application industrielle : l'objet de l'invention doit pouvoir "être fabriqué ou utilisé dans tout genre d'industrie, y compris l'agriculture". Cf. L611-15 CPI.

Avant de s'engager dans une démarche de protection de l'invention par le brevet, il est prudent de vérifier qu'aucune antériorité n'affecte la nouveauté ou l'activité inventive. Le risque étant de ne pas se voir délivrer le brevet.
Toutes les inventions ne sont pas brevetables. Les découvertes, théories scientifiques, méthodes de traitement chirurgical, atteintes à la dignité de la personne humaine... sont exclues de la brevetabilité. La liste exhaustive est donnée aux articles L611-10 à -19 du CPI.
Les logiciels ne sont pas, en principe, brevetables. Cependant, ceux répondant aux critères de la brevetabilité et offrant un effet technique supplémentaire peuvent, parfois, faire l'objet d'un brevet.

Recherche d'antériorité

Une recherche d'antériorité consiste à vérifier que l'invention n'a jamais été décrite avant, cela permet de s'assurer de la brevetabilité de l'invention et de connaitre l'état de l'art. Elle s'effectue :

  • sur Internet en recherchant ce qui se fait dans le domaine de l'innovation ;
  • sur les bases de données spécialisées (brevets, dessins et modèle) : Par exemple, plusieurs sites internet nationaux et internationaux répertorient gratuitement les abrégés de brevets français, européens et internationaux : http://ep.espacenet.com (pour les brevets français et européens), www.delphion.com, www.uspto.gov (pour les brevets américains), etc. ;
  • à l'INPI : Il y est notamment possible d'effectuer des recherches de plus de 20 ans sur les brevets déposés en France et vous bénéficiez de l'assistance d'un personnel qualifié ( www.inpi.fr ) ;
  • dans la presse spécialisée ;
  • dans les thèses.

Effets

Le brevet est un titre de propriété intellectuel délivré par le directeur de l'INPI. Il donne à son titulaire, votre établissement employeur, un droit exclusif d'exploitation sur l'invention.
En effet, le brevet permet d'interdire à tout tiers la fabrication, l'utilisation ou la mise dans le commerce, l'importation ou la détention du produit  ou du procédé objet de l'invention. Cette interdiction est encadrée :

  • dans le temps : l'interdiction dure 20 ans à compter du dépôt de la demande, si le titulaire du brevet paie ses annuités. Au delà de ces 20 ans, l'invention tombe dans le domaine public (tout le monde pourra l'utiliser gratuitement) ;
  • dans l'espace : c'est à dire le territoire sur lequel la protection a été demandée. Ainsi, un brevet français ne couvre que le territoire français. Cependant, il est possible d'étendre la protection en déposant des brevets à l'international, ou au niveau européen.

Formalités

Demande de brevet

Une demande de dépôt de brevet doit être transmis à l'INPI (articles L612-1 à L613-28 du CPI). La demande ne peut concerner qu'une invention, ou une pluralité d'inventions liées entre elles de telle sorte qu'elles ne forment qu'un concept inventif commun. Le dossier complet comporte :

  • la date de dépôt : date à laquelle ces pièces sont remises ;
  • la requête : pétition en vue de la délivrance du brevet, contenant l'identification du demandeur et de l'inventeur, l'identification de l'invention par son titre et la nature du titre de propriété industrielle demandé ;
  • la description de l'invention : elle doit être suffisamment claire et complète pour permettre sa reproduction par un homme de métier ;
  • les revendications : définissant l'objet de la protection demandée en indiquant les caractéristiques techniques de l'invention. Elles doivent être supportées par la description et doivent être suffisamment déterminées ;
  • la justification du paiement des redevances dans le mois suivant la date de dépôt (redevances de dépôt et de rapport de recherche).

La demande peut aussi contenir des dessins, un abrégé du contenu technique de l'invention, ou des documents justificatifs.

 

Procédure d'examen

La délivrance du brevet français n'intervient que 3 à 4 ans après la demande. Une fois déposée, la demande est examinée et fait l'objet de recherches documentaires. L'examen se déroule de la sorte :

  1. Les Services de la Défense Nationale en font un examen dans les quinze jours à compter de la réception des demandes par l'INPI. Pendant cette période, la demande est mise au secret. Aucune divulgation ni aucune exploitation ne doit avoir lieu. Cet examen débouchera sur une autorisation de divulgation et d'exploitation.
  2. L'INPI va ensuite faire un examen technique et administratif de la demande. À ce stade, elle ne contrôlera que les règles de forme, et ne sanctionnera que les irrégularités manifestes de fond.
  3. Un rapport de recherche préliminaire sera ensuite établi. Il dresse l'état de la technique au jour du dépôt de la demande, c'est à dire qu'il regroupe tous les documents existants permettant d'apprécier la nouveauté de l'invention et son activité inventive. Ce rapport est publié et notifié au demandeur qui dispose d'un délai de 3 mois pour répondre en présentant des observations ou de nouvelles revendications.
  4. La demande sera ensuite publiée dans un délai de 18 mois à compter de la date la plus ancienne dont la demande bénéficie.
  5. Pendant un délai de 3 mois à compter de la publication du rapport de la recherche préliminaire, tout tiers pourra présenter des observations.
  6. À l'issue de cette procédure, le brevet est délivré, même si le rapport de recherche fait mention d'antériorités susceptibles de détruire la nouveauté et/ou l'activité inventive de l'invention. Ce n'est que si le rapport fait apparaître un défaut manifeste de nouveauté que la demande de brevet peut être rejetée.

Le brevet délivré n'est que présumé valable et est susceptible d'annulation par les tribunaux.

Téléchargez le shéma récapitulatif de la procédure d'examen : Schema de dépôt - délivrance de brevet (pdf)

Coût
  • En France : 10 000 € comprenant 5000 € pour le dépôt (approximation prenant en compte les taxes et le coût d'un cabinet de PI) et 5000 € pour l'entretien du brevet pendant 20 ans (paiement des annuités sur 20 ans).
  • À l'international :  coût total sur 20 ans d'un brevet étendu à l'international (zones : Europe, US, Japon) compris entre 150 000 et 200 000 €.
Recommandation

Pensez à impliquer le chargé de valorisation de votre établissement tôt, il vous accompagnera dans la démarche de valorisation et appréciera si une mise en œuvre de la protection est opportune, compte tenu des coûts qu'elle engendre, et de ce que l'invention serait susceptible de rapporter.

Textes légaux

Savoir-faire secret

Définition d'un savoir-faire

Un savoir-faire est un ensemble d'informations pratiques non brevetées, résultant de l'expérience et testées, qui est :
  • secret, c'est à dire non généralement connu ou facilement accessible ;
  • substantiel, c'est à dire important et utile pour la production des produits contractuels ;
  • identifié, c'est à dire décrit d'une façon suffisamment complète pour permettre de vérifier qu'il remplit les conditions de secret et de substantialité.

Exemple : méthode de fabrication ; logistique de la grande distribution ; méthode d'audit d'un cabinet de consultants ; méthode d'approche commerciale d'un marché de niche...

Commercialisation

La valeur du savoir-faire réside dans le fait qu'il est secret et qu'il procure un avantage compétitif à son détenteur par rapport à ses concurrents.
Dès lors, la valorisation commerciale, par un partenaire, d'un savoir-faire développé par un laboratoire passera par les engagements suivants :

  • celui qui communique le savoir-faire secret (le laboratoire) s'engage à transmettre le savoir-faire au partenaire industriel et à le maintenir secret ;
  • celui qui reçoit le savoir-faire secret (le partenaire industriel) s'engage à payer une redevance et à maintenir le savoir-faire secret.

Limites

Il peut être difficile, malgré la mise en place d'un système fiable destiné à conserver la confidentialité du savoir-faire, de conserver le secret. En effet, plus le nombre d'acteurs ayant connaissance du secret est important, plus celui-ci a de chance d'être divulgué.
Les concurrents peuvent développer indépendamment le savoir-faire et le breveter. Toutefois, le droit français reconnaît cette situation et permet un droit de possession antérieure (article L613-7 du CPI) au détenteur originel du savoir-faire : une personne de bonne foi qui est en possession de l'invention sur le territoire à la date de priorité ou de dépôt du brevet peut, à titre personnel, exploiter l'invention.

Mesures pour préserver le secret

Mesures matérielles
  • Limiter le nombre d'employés et de visiteurs ayant accès aux documents relatifs au savoir-faire et aux lieux où le savoir-faire est mis en œuvre.
  • Mettre en place des systèmes de sécurité : il s'agit de développer des systèmes sécurisés au sein des lieux de recherche et de fabrication, à l'intérieur desquels les conditions d'accès sont contrôlées et les informations cloisonnées.
Mesures juridiques
  • Faire signer des engagements de confidentialité
    Les obligations de confidentialité sont essentielles et doivent être imposées à toute personne susceptible d'avoir accès au savoir-faire comme les salariés de l'entreprise (dans leur contrat de travail) ou tout tiers intervenant à l'intérieur des locaux de l'entreprise. Exemples d'engagements contractuels : clause de secret, clause de confidentialité, clause de non concurrence, règle d'attribution et de partage d'une éventuelle propriété intellectuelle.
  • Mettre en place une charte de confidentialité
    Cette charte sert à informer les salariés des enjeux liés à la confidentialité des informations sur le plan juridique et sur le plan économique.
  • Prouver l'existence et la date du savoir-faire par :
    • des dépôts probatoires tout au long de la création et du développement du savoir-faire sous enveloppe Soleau à l'INPI, ou sous plis scellés auprès d'huissiers, de notaires ou de sociétés d'auteurs ;
    • la mise en place d'un système de traçabilité (cahier de laboratoire) ;
    • la constitution d'un dossier de savoir-faire regroupant différents documents techniques, juridiques et financiers justifiant du contenu, de la valeur et du caractère secret d'un savoir-faire.

Protections légales 

Concurrence déloyale

Il s'agit d'une protection civile. Elle est fondée sur la faute commise par ceux qui ont accès au savoir-faire secret par des moyens déloyaux (article 1382 du code civil). À la différence du titulaire du brevet, le détenteur d'un savoir-faire ne peut se contenter de prouver que l'un de ses concurrents dispose du même savoir-faire. La simple preuve de la reprise ne suffit pas, il faut démontrer que la reprise est fautive : le détenteur d'un savoir-faire doit prouver qu'il possédait ce savoir-faire avant son concurrent, que ce savoir-faire avait un caractère confidentiel, que les circonstances ou les moyens qui ont permis au concurrent d'accéder au savoir-faire ont été fautifs (violation d'une obligation de confidentialité).

Protections  pénales
  • Violation d'un secret professionnel, c'est-à-dire révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire par état ou par profession, ou en raison d'une fonction ou d'une fonction temporaire. Cette violation est punie de un an de prison et 15 000 € d'amende.
  • Violation du secret de fabrique, c'est-à-dire le fait, par tout directeur ou salarié d'une entreprise où il est employé, de révéler ou de tenter de révéler un secret de fabrique. Cette violation est punie de 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende.
  • La protection par d'autres textes sur les marchés publics : les personnes publiques passant un marché public ne doivent pas divulguer les informations qui leur sont communiquées par les participants à titre confidentiel, notamment les secrets techniques et commerciaux.

Textes légaux

Règles de droit interne
Conventions internationales

Certificat d'Obtentions Végétales

Périmètre

Il s'agit d'une protection destinées aux variétés végétales applicable :

  • en France par la voie du COV (voir l' Article L623-1 du CPI ) ;
  • ou en Europe dans le cadre d'une protection communautaire.

Il faudra faire un choix entre ces deux protections (en considérant l'opportunité de protéger la variété sur tout le territoire de la Communauté, et par rapport aux coûts que cela engendrerait). Il y a en effet une interdiction du cumul de la protection communautaire avec une protection nationale spécifique ou même avec un brevet.

Cette protection est susceptible de couvrir les nouvelles variétés végétales. Mais en ce qui concerne la protection des techniques d'obtention de nouvelles variétés végétales, il faut se tourner vers le droit des brevets via le génie génétique, sous conditions (article L611-19 du CPI).

Effets

Ces protections confèrent à leurs titulaires un droit exclusif d'exploitation de la variété protégée, c'est à dire le droit de produire, vendre ou offrir en vente et importer sur le territoire protégé tout ou partie de la plante, ou tous les éléments de reproduction ou de multiplication végétale de la variété protégée.
Les protections portent sur le produit uniquement, pas sur les procédés qui ont permis de mettre en œuvre le produit.
Cependant, l'utilisation de la variété protégée par un tiers est licite lorsqu'elle a lieu dans le but d'obtenir une variété nouvelle (c'est le "privilège de l'obtenteur").
Contrairement à la protection par le brevet, les perfectionnements apportés à la variété pourront être exploités librement.

La protection en France

Limites
Elle dure 25 ans à compter de la délivrance du titre, et peut être portée à 30 ans si la constitution de l'espèce exige des délais plus longs.
La protection ne vaut que pour le territoire français et le titulaire doit s'acquitter annuellement des taxes de maintien de la protection.
Coûts

Pour obtenir une protection par le COV, il faudra s'acquitter de redevances pour services rendus, dues à l'examen préalable, à la délivrance du titre et aux actes d'inscription ou de radiation. Il faudra également s'acquitter des redevances annuelles pour maintenir la protection sur la durée voulue jusqu'à 25 ans.

Le barème de ces redevances se divise en 3 catégories d'espèces végétales. Au moment de la délivrance, une espèce de catégorie A ou B coûte 359 € et une espèce de catégorie C coûte 307 €. L'instruction de la demande coûte entre 140 et 2390 €. Quant aux annuités, elles sont évolutives et vont de 256 à 923 € pour la catégorie A, de 154 à 615 € pour la catégorie B et de 103 à 307 € pour la catégorie C. Il faut y ajouter les honoraires des cabinets conseils.
Procédure
  1. Déposer une demande de COV devant le Comité de la Protection des Obtentions Végétales. La demande doit contenir une requête, une description complète de la variété et de la manière dont elle a été obtenue, et un exemplaire témoin conservé dans une collection de cultures. Une date et un numéro seront alors attribués.
  2. Une dénomination doit être donnée à la variété proposée (article L623-3 du CPI). Elle constitue le nom générique de la variété. L'obtenteur doit choisir une seule et même dénomination pour tous les pays. L'emploi de cette dénomination est obligatoire pour toute transaction commerciale, même après l'expiration de la durée du COV. Cette dénomination doit être distinctive, disponible, non déceptive et non contraire à l'ordre public et aux bonnes mœurs.
  3. Toute demande de COV régulièrement déposée est publiée au Bulletin Officiel du Comité (sous réserve du secret de la Défense Nationale). Dans un délai de 2 mois, toute personne peut présenter des observations qui seront notifiées au déposant pour réponse dans le délai fixé par le Comité.
  4. À la suite du dépôt, les services de la Défense Nationale peuvent prendre connaissance du contenu de la demande. Le Comité examine si la variété proposée satisfait aux conditions de nouveauté, d'homogénéité et de stabilité. Il peut procéder à des essais. À l'issue de l'examen, le Comité rédige un rapport qu'il notifie au déposant, qui peut présenter des observations. Enfin, le Comité délivre le COV ou rejette la demande. Cette décision est susceptible de recours devant la Cour d'Appel de Paris.
  5. Le COV est inscrit au Registre National des COV, et sa délivrance est publiée au Bulletin officiel du Comité des Obtentions végétales.

La protection communautaire en Europe

Limites

Elle dure 25 ans à compter de la délivrance du titre. La protection vaut pour le territoire communautaire et le titulaire doit s'acquitter annuellement des taxes de maintien de la protection.

Procédure
  1. Déposer une demande de protection, au choix du demandeur : auprès de l'Office Communautaire des Variétés Végétales, auprès d'un des services de l'Office ou d'une des agences nationales créées ou mandatées (à condition que le demandeur informe directement l'Office du dépôt de cette demande dans un délai de 2 semaines). La date de dépôt est celle à laquelle une demande régulière parvient à l'Office ou à une agence nationale (respect des formes et paiement des taxes).
  2. L'Office vérifie la régularité formelle de la demande. Il vérifie ensuite si la variété peut faire l'objet d'une protection communautaire, si elle est nouvelle, si le demandeur est habilité à déposer la demande, et si la dénomination variétale proposée est éligible. Il y a ensuite un examen technique dans au moins un des États membres. Une objection écrite peut avoir lieu dans les 3 mois. L'Office prend alors sa décision quant à la demande de délivrance du titre.

Critères pour bénéficier de cette protection

Pour bénéficier de la protection en France comme en Europe, les conditions sont les mêmes.
L'objet pour lequel la protection est demandée doit être une variété "créée ou découverte". Il peut s'agir d'une variété préexistant dans la nature et que l'obtenteur a révélé, ou d'une variété créée (par la sélection et le croisement de plantes existantes par exemple). Celle-ci doit être :

  • nouvelle au jour de la demande du certificat ;
  • distinctive ;
  • homogène ;
  • stable.

En somme, la protection porte donc sur un patrimoine génétique matérialisé par une variété végétale douée de la faculté de se reproduire par elle-même à l'identique.

La place du chargé de valorisation

Le chargé de valorisation de votre établissement employeur accompagne cette étape pour :

  • trouver une dénomination variétale (article L623-3 du CPI) ;
  • rédiger la demande de protection ;
  • la déposer soit auprès du Comité de la Protection des Obtentions Végétales (pour une protection en France) soit auprès de l'Office Communautaire des Variétés Végétales (pour une protection en Europe).

Textes légaux

Règles de droit interne

Conventions internationales

  • Convention de Paris du 2 décembre 1961 (Convention UPOV pour la protection des obtentions végétales).
  • Accord ADPIC qui impose aux membres de prévoir la protection des variétés végétales "par des brevets, par un système sui generis efficace, ou par une combinaison de ces deux moyens".

Règlement du Conseil du 27 juillet 1994 sur le régime de protection communautaire.

Glossaire


Variété végétale:
Ensemble végétal au sein d'une espèce, composé de plantes présentant les mêmes caractères pour toutes les générations successives.

Variété nouvelle :
Variété qui se différencie des variétés analogues connues par au moins un caractère précis, important et peu fluctuant, ou par plusieurs caractères dont la combinaison peut lui conférer la qualité de variété nouvelle. Il s'agit d'une nouveauté absolue détruite par toute divulgation (telle une publication antérieure suffisante pour permettre l'exploitation).

Variété distinctive :
Variété qui, nettement, se distingue par un ou plusieurs caractères importants, de toute variété dont l'existence est notoirement connue.

Variété stable :
Variété stable dans ses caractéristiques essentielles. C'est à dire qu'elle reste conforme à sa définition à la suite de ses reproductions ou multiplications successives ou, éventuellement, à la fin de chaque cycle particulier de reproduction ou de multiplication.

Dénomination variétale :
Nom générique de la variété. L'obtenteur doit choisir une seule et même dénomination pour tous les pays. L'emploi de cette dénomination est obligatoire pour toute transaction commerciale, même après l'expiration de la durée du COV. Elle doit être distinctive, disponible, non déceptive et non contraire à l'ordre publique et aux bonnes mœurs.


 

Le transfert par l'intermédiaire d'un partenaire industriel

La pyramide de la valorisation (collaborer)

Dans le but de tirer profit de la création que vous avez mise en oeuvre, l'une des solutions pour la valoriser est de la transférer à des partenaires industriels. En résultera deux avantages:

  •  Une contribution au progrès économique, social et culturel du pays.
  • Une perception des redevances qui permettent de couvrir tout ou partie des frais de propriété intellectuelle engagés, et à vous, d'être intéressé aux benefices de l'exploitation de l'invention.
Il reste à trouver un partenaire industriel intéressé par la production, l'utilisation ou/et la commercialisation de l'innovation issue du laboratoire.
Pour vous y aider le Département Valorisation vous propose de :
  • Rédiger et mettre en forme la présentation de votre innovation ;
  • Diffuser cette offre de technologie ou de savoir-faire sur des sites dédiés français et internationaux, ainsi qu'en assurer la promotion à l'occasion de salons professionnels ;
  • Accompagner la négociation des collaborations laboratoires/ entreprises

 

Il faut donc entretenir deux types de relation avec ces industriels, pour permettre une diffusion de l’innovation au public concerné :

  • Tout d’abord, des industriels se chargeront de faire de l’innovation un produit commercialisable. C’est donc une étape de fabrication.
  • Puis d’autres industriels se chargeront de commercialiser ces produits. La seconde étape correspond donc à un transfert du produit dans le monde socio-économique.

 

Si ce transfert a lieu avant que la protection légale ait été acquise, vous pourrez faire encadrer cette relation par un accord de confidentialité (contactez le chargé de valorisation de votre établissement). Cela évitera que les partenaires divulguent l’innovation ou votre savoir faire, ou les réutilisent à leur compte.

Télécharger notre exemple d' accord de confidentialite

 

La participation à la création d'une entreprise

La pyramide de la valorisation (créer)

La loi du 12 juillet 1999 sur l'innovation et la recherche a assoupli le régime en faveur des agents publics. Vous pouvez vous investir dans la création d'une entreprise dans l'objectif de valoriser vos résultats.

Qui est concerné ?

Si vous êtes un agent public chercheur, enseignant-chercheur, ingénieur, jeune docteur ou personnel technique ou administratif, vous êtes concerné !

De quoi s'agit-il ?

Vous pouvez participer, en tant que dirigeant ou associé, à la création d'une entreprise destinée à valoriser les travaux de recherche que vous avez réalisés dans l'exercice de vos fonctions. Vous conserverez alors votre statut de fonctionnaire. Un contrat devra être conclu entre vous et une personne publique ou une entreprise publique afin d'encadrer cette création d'entreprise.

Comment allez-vous procéder ?

Vous devez en demander l'autorisation à l'autorité dont vous relevez (votre établissement) avant la négociation de tout contrat et avant l'immatriculation de l'entreprise au RCS.

En quoi consiste l'autorisation ?

L'autorité compétente va donner son autorisation après avis de la Commission de déontologie de la fonction publique de l'État. Elle est donnée pour une période de 2 ans, renouvelable 2 fois (soit une durée maximale de 6 ans).

L'autorisation peut être refusée:

  • si elle est préjudiciable au fonctionnement normal du service public ;
  • si, par nature ou par ses conditions et modalités et eu égard aux fonctions précédemment exercées par vous, votre participation porte atteinte à la dignité des dites fonctions ou risque de compromettre ou mettre en cause l'indépendance ou la neutralité du service ;
  • si la prise d'intérêt dans l'entreprise est de nature à porter atteinte aux intérêts matériels ou moraux du service public de la recherche ou à remettre en cause les conditions d'exercice de la mission d'expertise que vous exercez auprès des pouvoirs publics.

Une fois l'autorisation donnée, quelle est votre position ?

Lorsque vous avez obtenu l'autorisation vous êtes :

  • soit détaché dans l'entreprise ;
  • soit mis à la disposition de celle-ci ou d'un organisme qui concourt à la valorisation de la recherche.

Vous cessez alors toute activité au titre du service public dont vous relevez. Toutefois, vous pouvez exercer des activités d'enseignement ressortissant à votre compétence dans des conditions fixées par décret. Vous pouvez également, dans ce cadre, participer au capital social de l'entreprise, sans limite.

Au bout de la durée d'autorisation, qu'en est-il de votre situation ?

Au terme de l'autorisation, vous pouvez être :

  • placé en position de disponibilité si vous souhaitez conserver des intérêts dans l'entreprise tout en pouvant réintégrer à terme votre établissement d'origine ;
  • quitter votre établissement d'origine ;
  • ou bien être réintégré au sein de établissement d'origine.

Dans ce dernier cas, vous mettez fin à votre collaboration professionnelle avec l'entreprise dans un délai d'un an et ne pouvez plus conserver directement ou indirectement un intérêt quelconque dans l'entreprise. Vous pouvez toutefois être autorisé à apporter votre concours scientifique à l'entreprise.