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2011 n°8
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Photo : Portrait
© P. Solal

Newsletter de l'Université de Toulouse

Un philosophe au service de l’amour des sciences et des technologies

Pour Philippe Solal, Philosophe des Sciences à l’INSA de Toulouse, un seul objectif : faire aimer les sciences et les technologies au grand public.

Vous avez eu l’occasion de participer au rapport sur la relation entre les sciences et la société, demandé par le Haut Conseil de la science et de la technologie. Quels sont pour vous, les grands axes indispensables à une plus grande harmonie entre les sciences et la société ?

Philippe Solal : le Haut Conseil,  présidé par Monsieur Jean Jouzel, a demandé à divers établissements d’enseignement supérieur français de réfléchir aux moyens de « recréer un climat de confiance  entre la science et la société », en octobre dernier, et c’est à ce titre que j’ai été appelé à rédiger un rapport qui a été lu, parmi bien d’autres contributions, par ses membres. Mais je tiens à préciser que le travail du Haut Conseil est encore en cours et fait suite à une saisine du Premier Ministre sur la question.  Les termes de cette saisine font état d’un diagnostic qui va beaucoup plus loin que ceux qui s’appuient sur l’idée de rétablir « une plus grande harmonie ». Il s’agit de lutter contre une défiance, un divorce voire un rejet du grand public vis-à-vis des sciences et des technologies, et donc aussi de la recherche.

Les signes qui montrent la réalité de cette défiance sont nombreux, et les axes de réflexion que j’ai soumis au Haut Conseil dans mon propre rapport se détaillent comme suit :

  • lutter contre les préjugés négatifs qui alimentent certaines peurs du grand public à l’égard de la recherche scientifique et des applications technologiques qui peuvent en découler. Ces préjugés, qui portent en grande partie sur les méfaits sur la santé des nouvelles technologies et sur la peur d’un contrôle excessif des individus par leur entremise, continuent à se consolider notamment à travers tous les sites internet qui prétendent diffuser une "information vraie et libre" par opposition aux médias dits officiels (télévision, radio, presse écrite) accusés de diffuser une information au service du pouvoir, et par dérivation, au service d’une science dévoyée ;
  • démocratiser l’accès au savoir scientifique et technique, souvent perçu comme un savoir caché, réservé à une élite ou confisqué par une technocratie soucieuse de s’en servir pour contrôler et manipuler les individus ;
  • rendre plus attractives les études scientifiques en revisitant les programmes et les méthodes d’enseignement.

La principale réponse pour lutter contre ce divorce entre la société et la science me semble résider dans un travail en profondeur sur la diffusion de la culture scientifique et technique auprès du grand public,  afin de promouvoir une vision de la science conforme à ce qu’elle est et à ce qu’elle doit toujours être : une source de responsabilité individuelle et collective, et de ce fait un instrument de liberté.

Maintenant, le Haut Conseil, fort de l’ensemble des informations collectées, propose de réfléchir plus avant. Quelles sont les directions vers lesquelles semblent se positionner l’État ?

Philippe Solal : les travaux du Haut conseil étant encore en cours, il est trop tôt pour évoquer des directions précises adoptées par le gouvernement. Je peux seulement témoigner du souci, nettement affiché par ses membres  lors d’une réunion à laquelle j’ai été convié  il y a deux semaines, de réfléchir sur le travail de médiation qui doit permettre au grand public de mieux appréhender le rôle du scientifique au sein de la cité. Ce travail exige une réflexion qui engage non seulement l’éducation nationale, mais aussi les éditeurs, les grands médias, et toutes les institutions qui œuvrent pour  la diffusion du savoir scientifique et technique. La manière dont les autres pays, et en particulier nos voisins européens, opèrent en ce domaine fait aussi l’objet d’une attention marquée qui doit pouvoir stimuler la réflexion sur le cas spécifique de la réception de la science dans la société française.

Contact : Catherine GADON, Directrice du service diffusion de la culture des sciences et des techniques
catherine.gadon@univ-toulouse.fr

 
 

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