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2010
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Instruments de physique et Portrait de Carlos De Matos
© UT, 2010
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Un nouveau trésor à l’Université Paul Sabatier

Instruments de physique

« Un héritage de physique » découvert par Carlos de Matos, Maître de Conférences à l’Université Paul Sabatier.


L'Université de Toulouse : Carlos de Matos, vous êtes à l’origine de la découverte d’un nouveau trésor. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Carlos de Matos : Université Paul Sabatier possède un patrimoine scientifique remarquable qui témoigne d’une longue et riche tradition de science. Récemment, ce patrimoine scientifique s’est enrichi d’une collection d’instruments de physique datant du 19è et du début du 20è siècle (1850-1920) que j’ai rassemblée avec un souci majeur pour sa sauvegarde.

Cette initiative de réunir une collection d’instruments de physique vient d’une prise de conscience suite à quelques « rencontres » fortuites avec des objets témoins du passé, dormant au fond de remises, ou de caves, dans des conditions et des positions pour le moins inconfortables… Ainsi j’ai commencé une enquête auprès des principaux acteurs en sciences physiques à l’université, pour savoir s’ils ne possédaient pas de vielles reliques dont je pouvais les débarrasser…

L'Université de Toulouse : Que renferme ce trésor ?

Carlos de Matos : ma surprise fut totale de découvrir ou plutôt de redécouvrir des objets tout à fait exceptionnels : un magnifique héliostat de Foucault signé J. Duboscq (1862), une balance de précision apériodique des ateliers Collot (1900), que le professeur Charles Fert a exploité au cours de ses travaux de thèse, des instruments d’acoustiques signés A. Marloye (1850) ou encore R. Koenig (1880), que le Professeur Henri Bouasse a probablement utilisé pour la réalisation des nombreuses expériences décrites dans la célèbre bibliothèque scientifique de l’ingénieur et du physicien (45 volumes publiés entre 1912 et 1931). Des instruments composés de matériaux nobles comme le bois, le verre, le cuivre et le laiton, d’une élégance raffinée, signés des meilleurs constructeurs et scientifiques de l’époque : Alvergniat-Chabaud, Carpentier, Bourbouze, Bréguet, Duboscq, Ducretet, Koenig, Secrétan, Marloye, Pellin, Ruhmkorff, Soleil. Par le plus grand des miracles, ils ont traversé le temps sans trop d’encombres. Une légère restauration, et nous voilà en admiration devant ces trésors de physique qui nous dévoilent toute leur beauté et surtout nous transmettent un témoignage direct et palpable d’une partie de notre histoire, de notre culture : une époque où la science était impériale, source d’immenses bienfaits …

Tel un archéologue, j’ai entrepris un travail de fouilles sur le terrain d’où j’ai « exhumé » plusieurs centaines d’objets, couvrant les disciplines suivantes :

  • La mécanique : balance de précision apériodique, trébuchet, cône de Nollet…
  • L’optique : héliostat de Foucault, lentille de Fresnel, prisme de Newton, théodolite…
  • L’hydrostatique : aréomètre de Fahrenheit, densimètre de Pâquet, tourniquet hydraulique…
  • l’acoustique : ensemble d’instruments à vent, sirène de Helmholtz, diapasons…
  • L’électrostatique : bouteille de Leyde, batterie électrostatique, électroscope, électromètre à plateaux…
  • Le magnétisme : magnétomètre, galvanomètre, bobine de Ruhmkorff…
  • La thermique : pyromètre à cadran, anneau de S’Gravesande…

Cependant, cette collection reste dans une situation délicate du fait qu’à l’heure actuelle aucune structure institutionnelle pérenne n’existe pour les protéger. Une réflexion est en cours au sein de notre université afin de créer un service consacré à l’étude et à la conservation de ce patrimoine scientifique et technique. Ces instruments pourraient ainsi être restaurés et documentés afin d’en faire profiter des spécialistes des sciences mais surtout, un large public.

L'Université de Toulouse : Quelles sont les motivations qui poussent certains enseignants-chercheurs à s’intéresser au passé et surtout à avoir le souci de garder les traces de ce passé ?

Carlos de Matos : conserver les traces du passé me paraît important pour au moins deux raisons. La première est d’ordre épistémologique. La science, en perpétuelle évolution, doit s’interroger sans cesse sur sa propre pratique. Elle doit non seulement s’interroger au présent mais aussi réinvestir le passé pour comprendre sa construction, son évolution, pour écrire son histoire. Ainsi ces instruments anciens sont des témoins précieux pour étudier les usages et la pratique des sciences au cours d’une époque. La seconde raison est d’ordre pédagogique. Aujourd’hui la technologie nous permet de bénéficier d’instruments scientifiques très efficaces mais souvent très complexes. Il est très difficile d’en comprendre le fonctionnement. En revanche, ces instruments du 19è siècle sont assez élémentaires. Déployés, ils permettent d’aborder plus simplement certains concepts fondamentaux des sciences.

Portrait de Carlos De MatosPORTRAIT
Carlos de Matos est ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure de Sciences Appliquées et de Technologie de Lannion. En 1995, il commence une thèse doctorale sur les modulateurs spatiaux de lumière à multi puits quantiques au Centre National d’Etude des Télécommunications de Lannion. Son doctorat de physique en poche, il est nommé maître de conférences à l’Université Paul Sabatier de Toulouse et intègre le Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes du CNRS où il mène des travaux de recherche sur les non-linéarités  optiques des microcavités semi-conductrices. Depuis 2007 ses réflexions portent sur l’histoire et l’épistémologie des sciences et notamment sur le patrimoine scientifique de l’université.

Contact : Catherine Gadon, Responsable du Service Culture Scientifique et Technique
catherine.gadon@univ-toulouse.fr

 
 

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